"Qu’obtenons-nous en mélangeant le bleu et le jaune… ?"
Le matin était déjà loin et les prémices d’une journée radieusement ensoleillée se faisaient déjà ressentir. Il devait être aux alentours de la mi-journée passée car le vent frais matinal s’était légèrement enrichit de chaleur… du moins, d’un peu de tiédeur réconfortante, éloignant les risques d’averses ou de coups de froids inattendus.
Inspirait l’air avec entrain, une femme observait le ciel avec un sourire aux lèvres, tel une passionnée des étoiles. Les iris, d’un brun de noyer, voyageaient lentement de droite à gauche, suivant les douces courbes des nuages si libres et dépendants d’eux-mêmes. Une telle errance autonome représentait beaucoup pour l’observateur aux yeux bruns, cette dernière avait une telle passion dans le regard qu’on aurait pût croire que ses yeux perlaient. Lentement ses lèvres s’entrouvrirent, béats d’une contemplation extrême. Mais alors qu’un son allait sortir de sa gorge, un autre vint soudainement chambouler l’ordre des choses :
- Le ciel est beau, hein ?
Tout aussi lentement, la questionnée tourna son regard vers le nouvel arrivant, un homme adulte, habillé d’un kimono verdâtre dont l’état en disait long sur son long séjour à la rue. De plus, la barbe mal rasée et les cheveux hirsutes n’arrangeaient rien à la situation. A cela, la jeune femme aux yeux bruns répondit d’un simple sourire, avant de se remettre à observer le ciel au grand dam du second.
- … Vous venez d’où ?
Une nouvelle question arriva aux oreilles de l’observatrice qui se tourna encore plus lentement vers son interlocuteur. Ce dernier semblait avoir été légèrement vexé du silence qui lui avait offert, cela se voyait à ses poings serrés…mais aussi à ses yeux, ses iris…
Cela eut pour effet de faire sourire la silencieuse, qui se retourna encore une fois vers les nuages qu’elle semblait tant affectionner.
Il eût un très long nomment de calme où même le vent se retenait de passer et de déranger le spectacle. Toujours les yeux tournés vers le firmament, la femme aux yeux bruns affichait un regard d’enfant. Tandis que l’autre, le regard devenant de plus en plus meurtrier, se retenait d’empoigner la jeune femme qu’il avait face à lui. D’ailleurs, il céda à sa colère et s’avança vers elle, prêt à la cogner. Mais c’est alors qu’il remarqua que cette dernière avait sortit un Katana de nulle part, s’était baissé et avait commencé à écrire sur la terre. Alors que la colère coulait dans ses veines, l’homme au kimono vert s’approcha lentement de celle qui écrivait, tentant de lire ce qu’il inscrivait sur cette terre dont ils foulaient la surface sans gène. Après quelques secondes de tracés et de courbes, la femme à l’éventail se redressa avant de faire disparaître son Katana. Il se tourna vers l’homme aux habits verts et posa sa main sur son épaule avant de lui dire à l’oreille et d‘une voix clame et douce :
- Aime le ciel comme s’il s’agissait de ta propre maison…
Puis, se redressant aussi lentement qu’il s’était approché, elle se mit à se diriger droit en avant, ne prêtant aucun attention à l’homme qui se retourna, le regard ahuri. Elle se dirigea alors dans le sens inverse au chemin menant au frontière de son ancien village.
Quelques minutes plus tard...
Shampoo Drama en exil depuis maintenant plusieurs années, sa désertion faisait encore beaucoup de bruit au seins de son ancienne famille, elle n'avait après ce fameux jour, plus jamais été la même, aucune mission ne lui avait été assignée, elle n'en était plus capable. Un aspect misérable c'était alors abattu sur cette jeune femme au combien talentueux et respecté. La jeune femme prit par un soudain sentiment de nostalgie, c'était surprit en train de se promener aux alentours du village Jang Hui
...En somme la beauté est partout.
Ce n'est pas elle qui manque à nos yeux,
ce sont nos yeux qui manquent à l'apercevoir...
Sur cette une eau fuyante se reflétait le ciel bleu azur survolant la forêt de la nation du feu, un ciel ayant été épargné par les sombres nuages ayant régné quelques temps plus tôt, plus loin… Telle la douce neige de décembre, des feuilles venant des arbres qui bordaient le cours d’eau venaient se poser délicatement sur la surface aqueuse, décorant ainsi la masse d’eau mouvante d’une robe mouchetée de plusieurs points verts. A cela s’ajoutait les sons mélodieux venus des nombreux oiseaux, accompagnés du ressac de la cascade qui offrait un ton grave à cette ritournelle qu’est la vie…
Un soupir rêveur naquit au sein de cette symphonie naturelle…
- Shampoo, ne te laisse pas attendrir par la nature de cette nation maudite …
Appuyé sur son coude, le menton enfouit dans sa paume, la jeune fille observait d’un regard absent et désintéressé le début de la cascade qui s ‘offrait à lui. Couchée de tout son long, il effectuait de lents mouvements de sa main libre pour s’éventer comme le ferait les grandes dames de la cour…en y ajoutant plus de grâce ainsi qu’une meilleure position…
Soudain un corps bien frêle et d‘une légèreté sans égale vint heurté la reine déchue. Elle se contenta alors de cesser de s’éventer, avant de tourner grossièrement la tête vers celle qui tentait de ramasser l‘éventail que Shampoo venait maladroitement de laisser tomber…
- Cette capuche te gâche la vue ! Fais donc plus attention …
Le regard de la nonchalante se posa sur la silhouette assise et vacillante de la jeune fille qui venait de la percuter. Elle accompagna ce geste d’un mince sourire, avant de se remettre à se rafraîchir lentement avec son éventail, en reprenant son regard absent.
- Tous va bien jeune fille ?
En effet le choc n’avait pas été brutal, pourtant la jeune fille semblait mal en point et extrêmement faible a la vue de la pâleur de sa peau et des tremblements de son corps, signe incontestable d’une mal nutrition prolongée ainsi que d’une fatigue intense.
- Assis-toi donc quelques secondes, tu vas nous claquer entre les doigts …
Dit-elle d’un ton ironique et amusé, le sourire aux lèvres.